Évidemment certains, certaines vont recevoir ce message plusieurs fois. Mais l’importance et l’urgence sont de taille.
Certains, certaines se demandent parfois l’utilité des lettres, des pétitions… faut-il vraiment longtemps réfléchir ?
Quand l’histoire de Welcome débarque dans la réalité, débarque en Ariège !
Jean-Luc
Welcome,
ci-joint deux documents de la première urgence à faire très largement circuler… d’autres initiatives sont en voie d’élaboration…
Amicalement
Christian Morisse – RESF09 – LDH
Madame Claudine LOUIS nous communique ce jour un résumé rapide de la situation
Informée de la présence depuis plusieurs mois, à Paris, dans un parc, d’une cinquantaine d’Afghans réfugiés, dont une famille, je m’y suis rendue cet hiver.
La famille en question m’a précisé que sa situation s’était améliorée car la mairie du Xe arrondissement l’avait logée à l’hôtel. Au cours de la discussion avec d’autres Afghans, l’un d’eux m’a émue : jeune et malade. J’ai proposé de l’héberger chez moi pour le préserver du froid, le soigner et l’aider à régulariser sa situation.
Dans un premier temps donc, il a été soigné (médecin, radios) puis nous avons effectué les démarches nécessaires à l’obtention de ses papiers d’identité (taskéra) et à la rédaction de son parcours (en dari et en français).
Muni de ces papiers, je l’ai présenté à la préfecture de Foix, laquelle nous a orientés vers le commissariat (sans jeter un œil sur les documents).
Au commissariat, après avoir joint par téléphone la préfecture, conseil nous a été donné de faire traduire par un traducteur agréé auprès du tribunal cette taskéra et de nous rendre ensuite à la sous préfecture de Saint-Girons. Ce que nous avons fait.
Dans ladite sous-préfecture, après avoir joint par téléphone la préfecture de Foix, on nous a orientés vers le tribunal de Saint-Girons où on nous a assurés que celui-ci n’était pas compétent et qu’il était préférable d’attendre une réponse de monsieur le procureur (à qui j’avais envoyé un courrier pour lui demander la nomination d’un administrateur ad hoc).
Par trois fois, en vain, j’ai joint le secrétariat du procureur. Là, j’ai appris que ma lettre s’était «égarée». J’ai donc envoyé un fax et demandé à pouvoir m’entretenir de vive voix ou par téléphone avec monsieur le procureur ou son secrétariat. Refus.
Aussi, face à cette situation ubuesque, j’ai déposé le jeune à la préfecture, sollicitant la protection de l’État français pour un jeune mineur.
Suite à cela, j’ai été auditionnée à la gendarmerie de Saint-Girons (sur requête du procureur) et récemment convoquée devant le tribunal correctionnel de Foix le 21 Juillet.
Claudine Louis, le 5 juin 2009
Vous pouvez imprimer et envoyer cette lettre au procureur :
Merci d’informer Christian Morisse de l’envoi de votre lettre à :
morisse.christian@yahoo.fr
Le film Welcome : voir notre article RESF 09 Spectacles
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Welcome chez Claudine LOUIS
“Tous coupables”
Réunion publique d’information soutien
mercredi 10 juin 2009 à 18 heures
à la mairie de Saint-Girons
Faites circuler l’information rapidement
Amicalement.
Christian Morisse
Centre de rétention de Vincennes, hier 1er juillet 2009 :
“Il y a des gens qui ont tenté de se suicider. Deux jours de suite. C’est pour cela qu’on a fait le mouvement. Celui d’hier il avait un vol ce matin. Il s’est pendu avec les draps. On est quarante ou cinquante dans le centre.
C’est le deuxième jour de la grève de la faim. On ne mange pas depuis deux jours. On a commencé avant-hier soir à minuit après une ultime tentative de suicide. En 25 jours, il y a eu 5 tentatives de suicide. L’ambiance était horrible au centre. Ca devenait fou, on regardait ça tous les jourset on s’habituait, c’est fou on ne doit pas s’habituer à des gens qui s’automutilent et se suicident tous les jours. Il fallait réagir à ça. on était en train de devenir des monstres, on réagissait plus. On s’est dit il faut réagir autrement, ne pas s’habituer. On s’est dit qu’un jour il y allait avoir un mort, qu’on allait se retrouver avec un cadavre. On s’est réunis dans la cour. La grève de la faim a commencée à minuit. On a décidé de restituer les sacs du petit-déjeuner qu’ils nous donnent le soir. On les a tous posés sur la table de ping-pong dans la cour. Le lendemain, les policiers ont réagit quand ils ont vu qu’on ne mangeait pas. Les flics nous on dit : vous mangez pas ? On a dit non, on vous parlera après notre réunion et on dira nos revendications. On s’est donc réunis vers 18 h 30 hier jusqu’à 22 h 00. La réunion a eu lieu dans la cour. Les flics ont fait quelques tentatives d’intimidations du style « si vous restez tranquilles, tout se passera bien, sinon, c’est la répression ». Ca ne nous a pas fait peur. On est restés sereins. On a discuté d’autres trucs dans la réunion mais c’est la grève de la faim qui a été décidée parceque notre mouvement est pacifique.
Aujourd’hui, on a demandé du sucre pour notre grève, ils ont dit qu’ils nous répondraient plus tard, deux heures après ils nous ont appelé et ils ont dit ok, mais en fait après il y a une femme, je sais pas qui c’est, qui a dit que non, qu’on doit prendre la nourriture qu’ils nous donnent.
On a prévenu des associations pour notre mouvement. On attend du soutien maintenant. On a écrit une liste de revendications :
1. Apporter une solution rapide et efficace aux retenus traumatisés par les tentatives de suicide.
2. Améliorer les conditions de rétention : nourriture, hygiène, comportements de la police et de l’administration. Parce qu’ils réagissent de manière agressive. On n’a pas le choix pour les heures de repas, pour acheter des clopes… Les consultations avec l’infirmière sont souvent retardées ou refusées. Pareil avec la Cimade. Pour les visites, ils essaient de décourager les gens en les faisant attendre. Ils nous disent que c’est plein et qu’il faut attendre et quand on arrive aux visites on se rend compte qu’en fait il y n’avait qu’une personne.
3. Prendre en considération les retenus gravement malades et leur offrir des soins à l’extérieur. Il y a des gens qui ont des traitements et qu’ils ne peuvent plus suivre ici.
4. Libérer les retenus qui ont une famille, des enfants en France, mariés ou vivant avec une résidente française.
5. Offrir plus d’avocats commis d’office. En général, il y a un seul commis d’office pour 5 ou 6 retenus. Il n’a que quinze minutes pour regarder le dossier.
6. Donner le choix aux retenus qui souhaitent quitter la France par leurs propres moyens, dans la dignité. Par rapport à la famille là-bas, ou pour des raisons politiques, y’a des gens qui préfèrent repartir par leur propres moyens. les juges ne veulent jamais donner des assignations à résidence. Moi c’est mon cas par exemple, j’ai demandé au juge et il a refusé.
7. Remédier aux conditions de mouvements, de déplacements avant et après les audiences. On est réveillé à 6 h pour un audience à 10 h, on attend 4 à 6 heures dans une pièce sale, qui sent l’urine.
8. Donner plus de temps aux retenus qui sortent libres pour préparer leur départ au pays. Légalement on a que 8 jours, on ne peut rien préparer en 8 jours.
9. Arrêter les contrôles massifs et abusifs dans la rue qui portent atteinte à la liberté.
10. Respecter le règlement intérieur : l’administration l’enfreind tout le temps. Les personnes sont expulsées sans être prévenues qu’elles vont l’être. Ils doivent nous le dire.
11. Fermer les centres de rétention et régulariser les sans-papiers.
Il fallait bien qu’on la mette quelque part quand même cette dernière revendication !”
fermeturetention@yahoo.fr