LYME TIME
Article rédigé par PASCAL.

Ces quelques lignes, dans le registre « prévention santé » comme on dit, trouveront, je pense, leur place dans ce blog, eu égard au mode de vie généralement bucolique, voire carrément forestier, de ses lecteurs. Je dois préciser avant toute chose que mon but n’est pas de semer la psychose ou de favoriser l’hypocondrie dans la vallée, mais uniquement de prévenir ceux ou celles qui ignorent encore, ou sous-estiment, la malignité d’un certain type de parasite. Je vous parlerai donc de ces petites bestioles que l’on rencontre de plus en plus dans les sous-bois humides en raison, paraît-il, du changement climatique ; j’ai nommé : les tiques !
Ces (gros) acariens, donc, sont eux-mêmes de plus en plus souvent (entre 20 et 30 % d’entre eux) infestés par une méchante bactérie (un spirochète, le Borrelia burgdorferi) à même de provoquer chez l’humain une non moins sale maladie, une « borréliose régionale », connue sous le nom de « maladie de Lyme » (prononcer laï’m, comme la ville américaine où sa « découverte » aurait eu lieu). Notons au passage que les ixodes (autre nom des tiques) peuvent aussi transmettre d’autres pathologies, dont on ne parlera pas ici (méningo-encéphalites, rickettsioses, formes de piroplasmose humaine, etc.).
La maladie de Lyme, classée dans les maladies émergentes (et dans le registre des maladies professionnelles), toucherait, selon des études fort incomplètes, environ 12 personnes en moyenne sur 10 000 dans l’Hexagone, mais des recherches plus systématiques dans certaines zones de France, d’Allemagne ou des États-Unis révèlent parfois un taux compris entre 200 et 300 cas pour 10 000, ce qui est tout de même loin d’être négligeable.
Des mauvaises langues disent que des malchanceux qui n’auraient jamais vu une tique pourraient tout aussi bien être victimes de cette bactérie, et rendent ainsi responsables d’autres acariens, voire des insectes, qui auraient comme point commun d’être hématophiles, c’est-à-dire de se régaler de notre sang. D’autres chercheurs sans vergogne prétendent que cette infection pourrait aussi être contractée lors d’une transfusion sanguine, et prédisent un nouveau scandale du sang contaminé – leurs recommandations de dépistage systématique n’ayant jamais été suivies par les autorités –, mauvais augure dont on leur laissera pour le moment la responsabilité.
Alors, en attendant éventuellement que les polytiques en charge de la santé publique nous resservent leur éthique formule « Responsables mais pas coupables », dont l’étique dimension démocratique ne vous aura pas échappé, il y a tout lieu de mettre en place quelques tactiques pratiques, là où on peut le faire, dans notre vie quotidienne, bien loin du pathétique hémicycle.
Précisons d’abord que tout risque de rencontrer une tique paraît être écarté au-dessus de 1 200 mètres d’altitude, ainsi qu’en dehors de la période estivale (avril-octobre) pour cause d’hibernation…
La première précaution qu’il faudrait suivre consiste donc, lors de balades en forêt, à se couvrir (le plus possible) de vêtements clairs, pour se donner toutes les chances de repérer l’ennemi avant qu’il ne se glisse jusqu’à la peau. Par ailleurs, des répulsifs efficaces (plus ou moins naturels ou chimiques suivant les marques) existent dans le commerce, contre tiques et aoûtats.
De retour de promenade, de randonnée (ou de sieste) forestière, une fois rentré dans ses pénates, il est important de procéder à une inspection générale de façon à traquer l’intrus qui, comme chacun sait, aime à s’accrocher dans les replis de la peau, là où cette dernière est bien tendre. Un risque subsiste néanmoins : la larve, elle, est très petite et peut échapper à l’examen le plus minutieux. Une douche très chaude est conseillée, puisque les tiques ne la supportent pas et se décrochent généralement à ce moment (il est admis par beaucoup qu’une tique retirée de la peau dans les premières heures suivant son installation n’a pas le temps de transmettre les bactéries).
En cas de piqûre, la pratique habituelle consiste à se rendre chez son médecin, qui prescrira alors une petite cure d’antibiotiques (prophylaxie déconseillée par l’institut Pasteur), après avoir désinfecté la plaie. Une autre méthode existe, qui repose sur l’utilisation d’une recette naturelle (aromathérapie) commercialisée sous la marque Tic-Tox. Il suffirait alors d’appliquer ce produit avec un coton ou une compresse sur la vilaine bébête, pour l’estourbir en quelque deux à trois minutes, avant de la « dévisser » à l’aide d’une pince à épiler, ou mieux un « levier à tiques » (en vente chez votre pharmacien), en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le Tic-Tox contiendrait par ailleurs des principes actifs capables de tuer les redoutables bactéries, raison pour laquelle on conseille une application renouvelée du produit sur la petite plaie, que l’on protégera ensuite avec un sparadrap. (La vieille méthode de l’asphyxie par l’éther est à rejeter, la tique déglutissant toutes ses saloperies – les bactéries avec – sous la peau au moment où elle tombe dans les vapes.)
Le début de la borréliose se signale généralement – mais pas toujours – par ce qu’il est convenu d’appeler un « érythème migrant », bien visible et remarquable grâce à son point rouge (là où la tique s’est régalée) et son auréole bien large de la même couleur. « Pas toujours » : là est le problème de cette maladie qui mérite son surnom de « grande imitatrice » car elle provoque autant de combinaisons de symptômes qu’il y a de personnes touchées.
On peut ainsi contracter (ou pas) une péricardite (inflammation de la paroi du cœur se manifestant par de violentes douleurs thoraciques et disparaissant d’elle-même) dans les quelques semaines qui suivent la piqûre. Ensuite, la maladie peut ne pas se manifester pendant plusieurs mois, voire de nombreuses années. Un jour ou l’autre, elle se réveille sournoisement, et ses symptômes, qui peuvent donc prendre des formes extrêmement variées, apparaissent. Un état de fatigue anormal, quasi permanent, accompagné d’insistantes douleurs articulaires, constitue un dénominateur (presque) commun. Parfois, les bactéries retournent se coucher, plus ou moins longtemps, pour reprendre des forces, ce qui peut faire croire en un état de santé restauré.
Les contraintes de la médecine actuelle interdisant la plupart du temps une prise en compte globale de l’état de santé de ses consommateurs, les professionnels traiteront alors, s’ils ne sont pas sensibilisés à cette pathologie, chacun des symptômes séparément selon leur ordre d’apparition, et diagnostiqueront ainsi des maladies qu’ils connaissent (le saucissonnage et la spécialisation étant aussi des maladies de notre temps). État dépressif, arthrite, arthrose, sciatique, spondylarthrite ankylosante, dermatoses, problèmes du transit intestinal, migraine, problèmes du rythme cardiaque, tels sont les diagnostics les plus répandus puisque les symptômes correspondants sont les plus courants chez les personnes atteintes.
À ce stade, le patient a toutes les chances (si l’on peut dire) d’être considéré comme un malade imaginaire, une dame Cerfeuil (vous savez, celle qui, lorsqu’elle n’a pas mal au c…, a mal à l’œil), et son état généralement dépressif favorisant les interprétations psychosomatiques pourra même le rendre mûr pour la psychiatrie et la chimie qui va avec, là où notre système de soins est, comme chacun sait, bien sympathique.
Dans la phase très avancée, après de longues années, les diagnostics pourront évoluer parallèlement à l’aggravation de la maladie et aller jusqu’à : confusion mentale, schizophrénie, mais aussi cardiopathies lourdes, sclérose en plaques, méningite, Parkinson (si, si)… car les bactéries pourront se mettre à attaquer très sérieusement les sphères cardiaque, neurologique ou le cerveau. Allons, détendez-vous (tiens, allez faire un tour en forêt, rien de tel pour se remonter le moral), il existe des solutions avant d’en arriver là, si las.
Nous avons vu plus haut qu’en raison des caractéristiques mêmes de la maladie et du déficit de sensibilisation à cette pathologie chez un grand nombre de praticiens, le diagnostic véritable se fait souvent attendre bien longtemps, en tout cas suffisamment pour que l’évolution de la borréliose se réalise tranquillement. On ne saurait que trop conseiller aux personnes ressentant une mystérieuse fatigue chronique (grande lassitude, difficultés de concentration…) et souffrant de courbatures inexplicables, de douleurs articulaires (généralement sensibles aux genoux) de demander à leur (bon) médecin une prescription d’analyse sanguine pour une recherche d’anticorps spécifiques à l’infection par le spirochète en question. Malheureusement, l’analyse n’est pas fiable à 100 %, loin s’en faut, mais les subtilités liées au fonctionnement des anticorps et autres marqueurs dépassent mes compétences…
Admettons donc que ces résultats d’analyse et/ou le tableau clinique ne laissent que peu de doute sur la réalité de la pathologie… (Précisons au passage que l’entourage du malade sera lui aussi impatient que se profile une solution, épuisé qu’il est par les plaintes quotidiennes de la victime sur le thème « J’ai la rate qui s’dilate, etc. » mais ressassées sur un rythme beaucoup plus lancinant et moins entraînant que celui du comique troupier.)
La solution généralement proposée par la médecine « officielle » se basera alors sur une antibiothérapie maousse costaud (un mois au moins de Vibramycine, par exemple) qui, selon ses détracteurs, décimerait bien une grosse partie des bactéries, mais aurait le défaut de forcer les survivantes à se tapir à l’abri de l’arme de destruction massive dans les globules rouges (entre autres), d’où elles pourraient un jour ou l’autre fomenter de nouvelles offensives. Quant aux dégâts collatéraux…
Les partisans inconditionnels de la phyto-aromathérapie et autres anti-antibiotiques, moins à l’aise avec la terminologie militaire opteront quant à eux pour un traitement à base de principes actifs naturels, comme ceux que contiennent la racine de cardère, Uncaria tomentosa, ou encore… le Tic-Tox. Certains praticiens pensent de leur côté que les deux démarches sont complémentaires ; je me garderai bien ici, quant à moi, de lancer le débat… À éviter comme la peste, en tout cas : les anti-inflammatoires, qui renforceraient les mécanismes de défense des borrélies. On recommande par ailleurs un régime alimentaire plutôt porté sur les fruits, légumes et crudités, l’ail, thé vert… ; d’éviter l’alcool (qui aggraverait les symptômes) et les dérivés du lait de vache (créant un milieu acide favorisant les manifestations inflammatoires au niveau articulaire…) ; de remplacer si possible le blé par le sarrasin, l’épeautre, le quinoa, le riz, etc.
Le Tic-Tox, donc… Cette préparation, faite d’huiles essentielles, de propolis, etc., conçue au départ pour une utilisation préventive en application locale, serait aussi efficace dans le cadre d’une démarche curative en administration interne (quelques gouttes dans un verre d’eau, trois ou quatre fois par jour, pendant deux à trois mois) grâce à ses propriétés antibactériennes et antiseptiques, reconnues de façon presque unanime mais peu explicitées d’un point de vue scientifique.
Arrêtons là ce qui commence à ressembler à un publi-reportage déguisé pour un produit dont finalement on ne connaît pas grand-chose… Voici quand même quelques adresses en rapport avec mon sujet ; et j’ajouterai que, si vous disposez d’infos ou d’expérience sur ce thème, je suis preneur.
Pascal
* Institut Pasteur :
http://www.pasteur.fr/ip/easysite/go/03b-00000j-0hg/presse/dossiers-de-pressecnr/borrelia.htm (fiches sur les maladies infectieuses/maladie de Lyme)
* Nutrivital (commercialise aromathérapie dont Tic-Tox, et édite un dossier sur la maladie de Lyme, 10 euros, intéressant, complet, mais « brouillon ») :
Laboratoire Nutrivital – 4, avenue Foch, 67450 Mundolsheim – 03 88 69 11 33
* Les Nymphéas (association maladie de Lyme) – 71, av. Lajarrige, 44500 La Baule
* Docteur J. C. George :
http://www.maladies-a-tiques.com
* Enfin, un site, en anglais, qui promeut les traitements sel-vitamine C et insiste sur le fait que les antibiotiques font muter les bactéries et renforcent donc leur résistance.
http://www.lymephotos.com